en coulisse,

Publié le par becassinechezheidi.over-blog.com

 J'ai répondu présente à la proposition de visite d'une association francophone. Une trentaine de femmes s'est retrouvée au pied de l'opéra de Zürich situé au bord du lac.
Le bâtiment fait face à la place sur laquelle on brûle le Böögg lors du Sechselaüten chaque année pour clore la fin de l'hiver (voir l'article s'y rapportant Sechsilüüte )

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Ce monument, de construction néo-baroque, s'intègre parfaitement à l'architecture de la ville.

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Nous pénétrons dans le hall du bâtiment où une petite femme brune nous y accueille. Elle se présente comme étant une ancienne ballerine de ce même opéra où elle dansait à la fin des années soixante.

Ce sera notre guide pour cette visite.

L'édifice date de 1834 mais un violent incendie en 1890 ravagea quasiment l'ensemble du bâtiment qui fut reconstruit en 16 mois sous la houlette de 2 architectes, Fellner et Helmer. Et ce, malgré les difficultés techniques comme les fondations érigées sur un terrain marécageux, mais aussi financières, puisque ce sont des fonds privés qui permirent les travaux.
 

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Cependant, ne nous y trompons pas, les magnifiques sculptures qui ornent les murs de ce hall en rotonde ne sont pas en marbre, mais en plâtre.

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Le sol, élégant, offre sobrement des fleurs de lys brunes et noires aux pas des visiteurs.

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L'heure tourne, et il nous faut poursuivre la visite de cette ruche, qui compte 650 salariés permanents, renforcés par 350 personnes lors de certaines représentations.

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Nous grimpons à l'étage par un escalier en béton sans attrait et laissons dans le hall dorures et sculptures pour la suite de la visite,

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qui se déroulera, hélas, sans photo parce que c'est interdit. La guide nous explique que ce que nous verrons en coulisse est confidentiel et ne peut être photographié, c'est secret défense quoi!
Donc, c'est dans une file presque ininterrompue que nous progressons dans les étages, et oups, plus personne devant nous, nous nous sommes laissées distancer, tout à nos bavardages, par une première partie du groupe.
Une bonne élève (il y en a toujours, même à nos âges avancés!), nous rappelle à l'ordre (un "rester groupiert" me vient en tête...).
Pas de panique, madame, nous n'étions pas perdues! nous rejoignons le groupe dans un long couloir desservant de nombreuses portes derrière lesquelles travaillent les 650 personnes et leurs 1300 mains.
Ca pique, ça coud, ça tapisse, ça teinte, ça taille, ça sculpte, tout ça nous dit-on dans un grand sens de la camaraderie, car ce sont des métiers exigeants et la fraternité est essentielle dans cette grande maison. On nous montre également l'atelier de perruques, où, comme d'autres enfilent des perles, à temps perdu, on crochète cheveu à cheveu sur un tulle fin ce qui sera moustache, barbe, sourcils. Quant aux belles chevelures, elles sont confectionnées en une quarantaine d'heures de travail, à partir de fibres capillaires indiennes.

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Image volée, je n'ai pas pu résister...
mais en vrai, on n'a pas vu grand monde, à chaque fois une ou deux personnes par atelier, pas plus!
soit c'était le jour de congé, ou, ils avaient tout fini et ils ont pu partir plus tôt...ou p'têt qu'y a des chinois dans le sous-sol?


Sincèrement, je n'ai pas remarqué de grandes technologies et savoir-faire qui auraient pu être
dévoilés sous mon objectif, c'est pourquoi j'ai enfreint un peu les règles

En plus, pour la "perruquerie" la guide nous avouait qu'une partie des commandes était sous-traitée à Varsovie


Un rapide tour vers les loges, d'une simplicité monacale, même celle réservée aux "têtes d'affiche", qui a pour seul luxe d'être équipée d'un piano.


Nous arrivons sur scène où enfin nous voyons un peu de monde, ce sont les techniciens qui finalisent l'installation des décors.
La guide nous expliquera la haute technicité de la scène, de son plancher à triple couches pour éviter les traumatismes articulaires des danseurs, le "centre de pilotage" de l'ingénieur qui réalise lui aussi des prouesses depuis son écran d'ordinateur et enfin l'efficacité des techniciens capables de changer trois fois de décor en un tour de main.
Nous quittons la scène et descendons au sous-sol découvrir de nouveaux trésors,
un couloir avec des portants et quelques vêtements de scène suspendus, et peut-être aussi les 1300 mains manquantes...
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bon, là non plus je n'avais pas le droit, mais un article sans photo, c'est comme un pré sans vache ! (dicton helvète de 1491)


Nous pénétrons dans un immense vestiaire de plus de 100m2, où sont parfaitement repertoriés des milliers de costumes que compte l'opéra.
Certaines robes portent encore les célèbres noms des pièces récemment interprétées ou sur le point de l'être, ainsi Rigoletto flirte avec la Bohème.
Tandis que des paires de chaussures restent suspendues dans l'attente de retrouver LE Pied qui la fera revivre dans un claquement de talon.
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Les ménagères que nous sommes - ou, pour certaines, aux femmes de ménage qu'elles emploient-  avons également eu ici une pensée émue pour celles qui nettoient et repassent chaque jour les innombrables chemises et jacquettes des artistes.
On admire encore tout le soin apporté pour ranger dans une rigueur quasi militaire chaque vêtement, si petit soit-il.

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Pour les fétichistes ou amateurs, l'opéra organise chaque année une vente de costumes, ouverte aux publics.



Nous quittons le sous-sol, et entrons dans l'un des deux immenses ascenseurs, décoré façon "street art". Le plus grand mène décors et matériels directement sur la scène.
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Nous faisons un dernier saut de chat vers l'atelier modiste-et couleurs, où l'on teint des tissus et confectionne des chapeaux
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Nous essaierons d'apercevoir les petits rats en pleine répétition, mais là encore, la guide nous tiendra à distance et nous donnera encore d'autres chiffres qui devront combler notre curiosité française

- 36 danseurs et danseuses
- 16 apprentis: cuisiniers, tapissiers,...
- 13 à 19 couches de tulle pour faire un tutu
- un ascenseur de 18 mètres qui transporte jusqu'à 5000kg
- la modularité de la scène qui s'incline et monte ou descend à souhait
- 200 000 costumes dont 2000 stockés sur place
- sous le lustre de 800kg 1100 sièges de spectateurs
- 270 représentations par saison...

Nous finissons enfin par la salle, celle où le public s'installe, composée de sièges de velours rouge, sous un ciel richement décoré et illuminé par l'imposant lustre de cristal
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contrastant avec les austères et laborieuses coulisses, nous sommes récompensées par le spectacle prometteur de cette scène bientôt prête à acceuillir sous les clameurs une nouvelle représentation, vibrante d'une toute autre atmosphère, les pupitres attendent déjà les partitions des musiciens qui se jetteront dans la fosse

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Je reviendrai bientôt y prendre l'air, sous les notes de Verdi, peut-être...

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Je reste cependant un peu sur ma faim par cette visite inaboutie...

Publié dans made in suisse

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Pat 08/02/2013 17:36


Hello, Tu peux citer ZA. Pourquoi restes-tu sur ta faim ? bisous